Sur la nécessité de la grève sociale

On entend souvent dire qu’il faudrait parvenir à faire comprendre aux politiciens qu’ils font fausse route en coupant dans les services, en les tarifiant, en les privatisant. Nos « élu.e.s » n’auraient pas compris les conséquences de leurs décisions, et il suffirait de leur en faire prendre conscience pour que soudain les politiques qu’ils mettent de l’avant soient différentes et plus en phase avec les besoins de la population.

Cette interprétation de la situation est une erreur fondamentale qui ne peut que nuire à la lutte contre les mesures d’austérité et le démantèlement des services publics. Dans les faits, le gouvernement libéral est tout-à-fait conscient des conséquences de ses décisions, en phase avec les intérêts corporatifs qu’il défend – et qui en échange le font élire. Le but avoué des libéraux est de mettre la société, l’économie et la politique québécoises au pas de la globalisation et du néo-libéralisme. En bradant nos ressources naturelles, en privatisant les services publics et en vendant nos biens publics, le gouvernement joue le jeu des amis du régime et des corporations : en transformant les services publics en marché, il permet aux plus riches de s’enrichir encore davatange; en diminuant et éliminant le financement des organismes publics et communautaires, il affaiblit la société civile. De tout ceci, Couillard, Coiteux et Leitao sont très conscients : c’est là l’essentiel de leur programme politique depuis des années sinon des décennies. Ils ont aujourd’hui l’opportunité de l’imposer à la population. Leurs maîtres ne leur en seront que plus reconnaissants.

Nous ne parviendrons pas à convaincre les politiciens néolibéraux qu’ils font fausse route, puisque de leur point de vue et d’après leurs intérêts ce n’est tout simplement pas le cas. Ils sont consciemment en train de transformer la société québécoise en fonction des intérêts de leur classe et d’une idéologie contraires aux besoins et aux droits de l’ensemble de la population. Ils en sont conscients, mais cela n’est d’aucune importance à leurs yeux. De mensonges en demies-vérités, de chiffres tronqués en sophismes ronflants, peu importe à ces affairistes parvenus et satisfaits que l’on voit clair dans leur jeu : en bout de ligne ils empochent profits et pouvoir, et c’est là leur objectif. Les chiens aboient, la caravane passe.

Pour les arrêter, il faudra mettre de côté les discours et les arguments pour passer à l’action. Compte tenu de l’actuel rapport de force entre la population et le capital, cette action devra être déterminée, persévérante, solidaire, massive et radicale. L’ensemble du peuple doit se tenir debout et revendiquer ses droits si nous voulons espérer faire reculer les larbins qui nous dirigent et les puissants qui les contrôlent. La force du nombre et la détermination sont les deux seuls espoirs dont nous disposons. Il faudra faire montre de courage et accepter des sacrifices si nous souhaitons mettre un frein à la révolution néolibérale pilotée par Philippe Couillard. Si nous ne le faisons pas maintenant, nous en paierons le prix très longtemps.

À la radicalité néolibérale, opposons la radicalité d’une grève générale!

Lutte commune est l’initiative de syndiqué.e.s du secteur public et de citoyen.ne.s visant à contribuer à la mobilisation de la base syndicale et de la société civile dans le cadre des négociations du secteur public et de la lutte à l’austérité. Le groupe se veut une plateforme d’échange, de collaboration et de coordination entre les groupes et les militant.e.s. Lutte commune a été mis sur pied afin de favoriser l’action intersyndicale et citoyenne dans une perspective de lutte – et de grève – sociale, contre le démantèlement des services publics et la transformation néolibérale de l’état québécois.

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